Des remarques sont formulées sur le document
des municipales, et plus particulièrement sur l'agglomération d'Evreux dont la dimension n'apparaîtraît pas suffisamment.
J'entends la remarque, pour souligner, à mon avis, que les grands principes de l'agglomération sont en filigrane dans le
texte : mixité et logement social, démocratie participative, zones industrielles, services publics municipaux, aménagement du territoire etc…
Pour autant, si l'agglomération est une bonne échelle territoriale, cela ne doit pas se traduire par un certain
appauvrissement dans la conception que nous avons de la ville-centre, pour tous.
Appauvrissement en terme de population, en terme de projets, appauvrissement dans le rôle moteur que doit jouer la
ville-centre au sein de l'agglomération.
Certes, nous devons avoir un projet d'agglomération, mais malheureusement je constate qu'il se construit bien avant les
municipales et indépendamment de nous, par l'équipe de droite, que nous souhaitons, avec les habitants, mettre hors état de nuire.
Je m'explique : dans le cadre des politiques, que j'appelle "partagées", le contrat de projet entre l'Etat et la
Région exclut dorénavant les problématiques de territoire. Ce volet est repris à travers la contractualisation du "276" (les deux départements et la Région), qui a engagé la discussion avec les
pays et les communautés d'agglomération, afin que ces structures produisent un projet de territoires et ceci avant la fin de l'année.
D'ailleurs, les élus de gauche de l'agglomération (conseillers municipaux, généraux, régionaux) se sont réunis et certains
désaccords se sont exprimés sur la méthode et notamment de contractualiser à tout prix avant les élections municipales de 2008.
Pour autant, les élus de gauche ont convenu de réunir l'ensemble des élus de l'agglomération sur le projet en cours de
préparation et adopté lors du dernier conseil communautaire, sans réel débat, pour écouter leurs demandes en terme d'aménagement du territoire.
En définitive, le contrat d’agglomération nous engagera jusqu’en 2013, et verrouillera en partie l’action des équipes qui
seront élues en 2008…
Bien sûr, lors de cette réunion nous entendons défendre notre conception de l'agglomération et avancer des propositions, et
notamment une meilleure prise en compte des habitants des communes importantes de Gravigny ou St Sébastien de Morsent. Quelques exemples : les transports en commun sur l'ensemble du territoire et
leurs cadencements dans un développement durable. La petite enfance, la jeunesse, la culture mériteraient d'être des compétences communautaires. Un plan de prévention de santé
publique.
Ou bien, comment répartir sur l'ensemble du territoire des équipements d'intérêt général par exemple une piscine sur
Gravigny à proximité de Nétreville, un camping communautaire digne de ce nom en vallée de l'Iton.
Enfin, affirmer notre volonté de poursuivre et développer les services publics communautaires en régie directe : l'eau,
l'assainissement collectif et pourquoi pas le non collectif (fosse septique) qui est généralement confié aux grands groupes des eaux, le traitement des déchets etc…
Mais n'oublions pas également que d'autres outils permettent, ou pas, de conforter un territoire.
Il y a le Schéma de COhérence Territorial (SCOT qui dépasse le territoire de l'agglomération), sur lequel nous avions
formulé des propositions.
Nous devrons travailler également avec nos partenaires dans leurs domaines de compétences.
Le Département pilote la politiques sociale, l'élaboration des cartes scolaires, il ouvre des places en
maison de retraite, il a la responsabilité du handicap, 50% de budget concerne l'action sociale (250 M€).
De même, la Région organise le transport des voyageurs, pilote la formation professionnelle, impulse le
développement économique.
Enfin, la dimension étatique n'est pas absente et modifie, dans le bon sens, ou le mauvais, la vie de tous
les jours. Deux exemples : le bel hôpital en construction sur Evreux ne doit pas nous faire oublier les grosses difficultés financières pour équilibrer les budgets, notamment après la mise en
place de la tarification à l'acte. L'exemple du Havre est parlant, pour équilibrer son budget, l'hôpital annonce des licenciements d'infirmiers-ères, voire de médecins. Toujours sur les
problématiques de santé, n'oublions pas le problème du manque dramatique de médecins généralistes et spécialistes dans l'Eure.
Toujours dans l'exemple, le contournement d'Evreux, faute de moyens financiers les délais de réalisation s'allongent,
l'Etat envisage la fin des travaux pour 2012….
J'énumère ces quels points pour démonter qu'une ville a de nombreux interlocuteurs et que nous devrons avoir à l'esprit
l'ensemble de leurs stratégies, qui pour certaines, si nous n'y prenons garde, peuvent être un moyen de tuer toutes spécificités communistes, en particulier l'aide aux plus démunis!
J'en arrive à ma conclusion, nous devons affirmer une certaine conception de l'agglomération que nous
souhaitons.
Pour moi, la dimension démocratique, les services publics, l'aménagement du territoire sont incontournables.
En définitive, il faut être très dialectique, tenir les deux bouts du territoire, du local à l'agglomération. Vraiment,
pour finir ce propos, on pourrait également soulever le mode de désignation qui à ce jour me semble pervers, puisque la désignation des délégués communautaires s'effectue par les conseils
municipaux, qui très souvent écartent leur opposition. Ainsi, l'opposition de gauche à Evreux qui rassemble 46,8% de l'électorat Ebroïcien n'a pas de représentants au sein de cette collectivité
territoriale...
Michel Leblanc, le 9 Octobre 2007